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mercredi 4 novembre 2020

La fin du début

 On dira ce qu'on veut, au moins avec le Kumano Kodo, ca ne traine pas ! Hop hop, 5 jours et c'est ficelé pesé emballé ! Emballé comme le repas d'hier soir ... J'ai encore laché l'article avant le repas, mais pour cause de COVID, tout le repas était emballé dans du cellophane qui est le meilleur copain du virus... Il fallait donc tout déballer avant de manger, comme un noël bizarre (OOhh, du poulet froid, merci !!) J'avais fait la connaissance d'un jeune homme, infirmier, qui marchait lui aussi. Il voulait faire henro mais trouvait ça trop long. Moi je trouve kumano trop court, on n'a pas bien le temps de se changer les idées, on est encore dans le vrai monde. Quoique les forêts sans personne, ça déconnecte bien !


 

Après un petit déjeuner lui aussi empaqueté, on se dirige vers nos chambres pour démarrer la journée. Le patron avait insisté pour que l'on mange plus tôt parce que demain Houlala ! Ca grimpe ! Plus par politesse qu'autre chose j'avais accepté. Je serais le premier à partir, et je ne reverrais plus mon copain. Je ne verrais plus personne jusqu'à ma destination finale d'ailleurs.



le mur du fond en bouteilles, ça claque !



 

 Bon, il est vrai que ça grimpe. On parle d'une pente en moyenne à 20% sur 5 km. Le fait que l'on marche sur des pierres moussues, outre le fait que ce soit très beau, est aussi bien casse g*****. Avec la belle humidité ca donnait un peu de piquant à l'ascension. Et il est vrai que partir tôt était une bonne idée. A un moment donné, les arbres s'éclaircissent, ce qui veut dire qu'on se rapproche de option 1, le sommet ou 2 la crête. Pas de chance option 2... Et ça monte encore et encore ... On en voyait pas la fin. Et quand vous êtes tout heureux d'être en haut il faut ... redescendre ...


J'aurais aimé avoir quelqu'un avec moi pour le faire passer en premier !



Et la, le beauf en moi refait soudain surface ! ZIZOU !!!!

Le reste était plutôt simple, quelques vallées plus loin, j'ai trouvé le spot parfait pour ma pause déjeuner


Pas là

Pas là

Là ! L'océan enfin, ce qui veut dire qu'il ne nous reste plus trop longtemps avant d'arriver à l'objectif. Nachi san !

En sortant de la forêt, je tombe sur un immense parking, je me dis je suis arrivé ! Pas un chat... Enfin si, deux messieurs qui cassent une graine. Pas le bon parking ! Je reprends le chemin, et après plusieurs dizaines de marches, le temple/sanctuaire! On attaque par un temple de Kannon, puis le sanctuaire tout collé.





Mais Nachi est surtout connu pour ça








La plus grande cascade du Japon, 110 m de haut, 13m de large ! Ya plus de monde ici que sur les chemins ^^ L'endroit était bien beau, et bondé ! Des bus de partout, des voitures aussi, qui cherchent des parkings (le parking est 1 euros plus cher par tranche de 100 m par rapport à l'entrée de la cascade), et donc des gens. J'ai croisé un anglais étudiant au Japon qui profite lui aussi de l'automne très doux et très ensoleillé. 

Et puis, à un moment, faut y aller !




Demain ya un reveil qui va faire mal. Je vais avoir 9h30 de trains pour rejoindre ma destination. Plus les changements, les attentes, ... Reveil 5h30, arrivée 17H30 sur SHIKOKU !!!!

J'ai beaucoup aimé Kumano Kodo, un condensé de l'expérience de shikoku, mais peut être trop court, par réellement le temps de "couper". Mais pour ceux de passage, ça peut être une chouette expérience. Et ne ratez pas Guest House MUI !!!!


Le plus long silence

 

 
C'est ainsi que commence mon jour. J'étais tout seul dans l'hotel, la dame qui tient l'établissement était toute seule elle aussi, aussi usée que les murs ... J'étais triste pour elle un peu.  Mais hors corona je suis sûr qu'elle a beaucoup de monde avec qui discuter ! 
Après l'avoir saluée, je me rends à mon bus (QUOI ?!) oui je sais, un bus. Mais les routes ne sont pas sécurisées pour marcher dans le coin, on me l'a déconseillé alors j'ai écouté poliment. Entre la dame et le chauffeur du bus, ce seront les deux seules personnes que je verrais jusqu'à la pause déjeuner ! Et pour le coup, même la forêt n'est pas très peuplée. Je vous laisse écouter :

Après la seconde guerre mondiale, il a fallut couper beaucoup de bois pour reconstruire. Ensuite, il a fallut replanter vite et bien. Et il se trouve que le cyprès japonais pousse vite et droit. Les estimations sont énormes, plus de 80 % de cyprès dans la région... La monoculture touche aussi les forêts, et donc point d'oiseau, bêtes, gens. Juste moi qui marche ! Et qui chante de temps à autres^^



Ca gère pas la fougère là !




On ne sait plus qui croire de nos jours !

la vue aux mille sommets (yen a pas mille mais personne ne va compter ^^)



Il y a des panneaux un peu partout sur le chemin, qui expliquent ce qu'il y avait ici, du temps des empereurs qui marchaient. Et il est vrai que ca ne redonne pas tout le temps le moral. Sur la prochaine photo, on voit des cyprès, pour changer. Il y a 60 ans c'était un petit hameau. Il y a plus de 100 ans, c'était plusieurs maisons de thé qui servaient ... du thé donc, et des encas aux marcheurs. Je ne peux pas m'empêcher de faire le rapprochement avec Shikoku. Combien de beaux endroits ont disparu, combien vont disparaître dans les prochaines années... Nous ne sommes pas grand chose. Même un pèlerinage de près de 1000 ans n'est pas grand chose...


Un petit siège pour une petite pause !

 
Je retrouve finalement la civilisation, les pêcheurs, les travailleurs, les vieux qui parlent du temps qu'il fait demain... L'inverse de shikoku finalement. Sur l'île on se demande quand est ce qu'on s'éloigne de la ville et de la route, sur le Kumano on se demande si le monde existe encore ! ^^


mon hébergement !

Je suis logé dans un drôle d'endroit. Un ancien collège, en équivalent français (12 15 ans) reconverti en hotel! Les japonais n'arrête pas de me féliciter pour mon japonais, mais je suppose que c'est plus dû au soulagement de ne pas à avoir parler anglais ^^ Un humouriste américain le disait, les japonais n'arrête pas de dire "nihongo jozu" pour dire ton japonais est très bon ! Mais ton japonais est véritablement bon quand ils arrêtent de le dire pour te demander : depuis combien de temps vis tu au Japon ? C'est la récompense ultime, la médaille d'or !


Je suis certain que je vais bien dormir. J'ai toujours bien dormi au collège ! ^^